Kiss kiss bang bang (2005)

   Kiss kiss bang bang est un film réalisé par Shane Black, sorti en 2005. Mélangeant les genres policier et comédie, cette œuvre est ce que je qualifierai de « film du dimanche soir » sans aucune connotation négative. On ne se prend pas la tête et on se laisse guider par une histoire qui n'a rien de fabuleux mais qui met en scène un Robert Downey Jr loser plus que comique et un Val Kilmer « gay » au tempérament dur. Le duo « New-yorkais/Gay », comme ils se décrivent eux-même, fonctionne bien et nous permet de pardonner les aspects les moins intéressants du film (notamment la relation Robert/Michelle).

Largement apprécié à sa sortie, il fut même présenté hors compétition au festival de Cannes. Néanmoins, on peut trouver certains points vu et revus en 2018 mais pour l'époque, le style, sans parler de novateur, est intéressant tant narrativement que d'un point de vue réalisation. Cependant, le personnage d'Harmony interprété par Michelle Monaghan n'apporte pas de véritable intérêt et cela causera du tord à certaines scènes un peu fades. Le film reste toutefois à voir pour son aspect comique, le jeu de Robert Downey Jr et sa fin improbable.

   Harry Lockhart est un petit voleur qui, par un concours de circonstances, se retrouve face à un jury de casting et s'envole à Los Angeles après avoir décroché un rôle. Là bas, il fera la rencontre de Perry, un agent mais aussi détective privé qui sera embauché pour tenter de lui apprendre les ficelles du métier afin qu'il s'entraîne pour son rôle. Lors d'une fête, Harry rencontrera également une femme qui se révèlera être son amie d'enfance Harmony. Le lendemain, notre duo d'enquêteurs est en mission : il doit suivre les traces du fameux homme d'affaire Harlan Dexter mais tombent alors nez à nez avec le cadavre d'une jeune fille. Secoué, Harry rentre chez lui et retrouve Harmony qui lui annonce que sa petite sœur vient d'être découverte morte. Les trois personnages ne tarderont pas à découvrir que les deux morts sont liés à monsieur Dexter. La situation devient dangereuse mais ils n'auront pas d'autres choix que de découvrir ce qui se trame réellement. 

 

   Pour en finir directement avec les points négatifs du film, on peut dire que le personnage d'Harmony n'est pas très interessant, en dehors de son lien avec l'un des deux morts qui crée l'énigme, elle ne fera qu'apporter au spectateur un tas de scènes plus grotesques les unes que les autres (une course poursuite en costume sexy de mère Noël par exemple). Mais le fait de couper le doigt de Robert Downey Jr (doigt qui finira mangé par un chien) redonne un peu d'estime au personnage car cette action apportera quelques situations plutôt sympathiques. En ce qui concerne le jeu d'acteur des deux autres protagonistes, il n'y a rien à redire : Val Kilmer ne parle pas beaucoup, ne laisse paraître aucune émotion à part une confiance énervante qui le fait passer pour un gros bonnet d'Hollywood en ayant marre que l'on se moque de son homosexualité. Enfin, Robert Downey Jr porte quasiment le film à lui tout seul, il est maladroit, un peu idiot, vulgaire, parle trop et se transforme en un tueur professionnel après s'être fait tabassé lors de sa première soirée à Los Angeles. C'est d'ailleurs lui le narrateur, on le trouve au début du film, il s'efface au milieu et c'est ce qui lui permet de mieux revenir à la fin. Cette voix-off peut paraître dans un premier temps un peu surfaite car elle n'apporte pas de grands détails et pourtant elle nous amuse, fait le lien entre des situations qui ne semblent en avoir aucun. S'il y a une chose à retenir de ce film, ce sont bien les dialogues : parfois dénués de sens ou incohérents, ils font toute l'ironie de ce film. On ne peut compter le nombre de fois où Val Kilmer prononcera à l'encontre de Robert Downey « Shut up » ou « Idiot » et il finira même par s'en excuser directement au près des spectateurs (big up aux habitants du Midwest). Pour finir, on peur remercier Shane Black d'avoir évité au maximum de tomber dans le cliché de la comédie policière. On aurait pu se passer de l'histoire d'amour mais l'anti-héros un peu naze qui se fait couper un doigt et qui croit avoir stoppé une balle avec un livre permet au film de ne pas s'étouffer. La fin qui s'assume en temps que « fin nulle et très cliché » car elle ressuscite tous les personnage morts est un élément suffisamment rare pour être souligné et me donner envie d'en parler.