Kick Ass (2010-2013)

   Cette semaine nous ne nous pencherons pas sur une œuvre unique mais sur la série des Kick Ass composée de deux films sortis en 2010 et 2013. Bien que les deux œuvres aient été réalisées par deux cinéastes différents, elles sont complémentaires et ont y retrouve le même casting. Adapté d'un Comics indépendant publié à partir de 2008, Kick Ass c'est le Batman version teenager (ce qui n'est pas péjoratif) avec du sang, des morts en veux tu en voilà et un héros antihéros bien naze. L'oeuvre dans son ensemble est assez réussie, on fixe les bases dans un premier chapitre, qui amènent vers un désir de vengeance et une véritable confrontation de pouvoirs. Le premier opus reste cependant le meilleur avec la découverte de Mindy (alias Hit Girl), une enfant ninja cassant des bouches et découpant des bras à tout va. Sa rencontre avec Dave (alias Kick Ass) va faire de ce duo l'un des meilleurs, tous comics confondus. Fini les Batman et Robin aussi puissants l'un que l'autre. Le babysitting est de mise sauf qu'ici, c'est une jeune fille de onze ans qui sauve les fesses d'un grand dadais de six ans son ainé. Les deux films proposent également chacun un excellent casting, avec un Nicolas Cage tout droit sorti de Lord of War en maniaque des armes mais version geek et un Jim Carrey colonel qui n'a rien à envier au plus baraque des G.I Joe. Comme l'explique Dave au début, rien ne justifie son envie de devenir un super héros, il en a juste marre de se faire racketter son téléphone portable chaque semaine. Tout le monde peut dont devenir un héros, mais attendez vous à vous prendre de sacrées roustes. Bourré de références et de clins d'oeil en tous genre, Kick Ass c'est la référence du film de baston héroïque indépendant qui aura su briser les codes du comics de base pour proposer de l'ultra violence comique et des personnages attachants. 

   Dave est un jeune lycéen, ni populaire ni loser. Il traine avec sa bande de potes dans la boutique de comics du coin en réfléchissant au meilleur moyen de séduire Katie, une fille de son lycée. Harcelé régulièrement par deux voyous et sûrement pour briser un peu son quotidien, il décide de se forger un personnage de super héros et crée Kick Ass. Sans aucune base de combat ou technique, il commence à patrouiller dans les rues à la recherche de missions à accomplir. Filmé lors d'une altercation, la vidéo deviendra virale sur youtube et il se forge alors une véritable identité auprès des habitants de New York. Lorsqu'il apprend que Katie est en conflit avec un dealer, Kick Ass joue les gros bras et décide d'aller lui parler. Il se retrouvera alors dans un véritable massacre, causé par Big Daddy et Hit Girl. Mais ce que Dave ne sait pas c'est que ce groupe appartenait à la mafia de Frank d'Amico et il deviendra alors leur cible à abattre.

 

   Ce qui fait de Kick Ass une excellente franchise de super héros, c'est l'envie de briser les codes. Aucune histoire tragique, aucune mutation génétique. Rien ne justifie vraiment l'envie de Dave de porter la cape et de sortir la nuit pour au final se faire tabasser joyeusement. L'antihéros est parfaitement représenté et il a lui même conscience de sa nullité. Mais la rencontre avec Hit Girl va changer non pas ses aptitudes au combat mais sa façon de voir le monde, et l'alliance des deux personnages forme un duo sans aucune complémentarité, histoire de briser un peu plus les codes. Mindy, qui a été élevé dans la violence, est une tueuse née. Se faire offrir pour ses onze ans deux couteaux papillons et découper le plus de membres possibles font de cette héroïne une enfant aux attraits de tueuse à gage. La violence est elle aussi différente des comics habituels car aucun cadeau n'est fait : on ne cherche pas à capturer sa cible vivante mais à la tuer de la manière la plus spectaculaire qui soit, ce qui rend les nombreuses scènes de combats encore plus impressionnantes voir comiques. Si l'on applaudit l'absence de réflexion et le carnage constant du premier volet, on peut cependant trouver la remise en question omniprésente dans le deux assez ennuyante. Ce qui rend Kick Ass aussi cool c'est qu'il n'y a pas de limites, et pourtant le deuxième opus nous stop d'entrée de jeu en proposant une atmosphère plus sombre, plus triste et qui transforme notre adorable petite ninja en une fille qui cherche à devenir madame tout le monde. Beaucoup plus tragique et gnangnan, le côté « on va vous tirer les larmes » rend l'oeuvre moins bonne que la première, même si l'humour relativement noir et le côté grotesque du super vilain viennent rehausser cette dernière. Mais s'attarder sur les côtés les moins reluisants entache cette licence qui mérite réellement le détour, en espérant qui si volume trois il y a, ce dernier soit aussi badass que les deux premiers.