Donnie Darko (2001)

   Donnie Darko est un film réalisé par Richard Kelly en 2001. Entre un thriller psychologique et de la science fiction psychédélique, cette œuvre marque de par sa complexité et ses nombreuses interprétations. Regroupant le voyage dans le temps, la folie, l'amour, les arts plastiques et la poésie au sein d'une narration dans un premier temps linéaire ; Donnie Darko fait partie de ses films qu'il faut regarder plusieurs fois pour réellement saisir son sens et les différents messages qu'il souhaite nous faire passer. Un peu comme un Shutter Island dont le visionnage multiple nous permettra de découvrir les indices que le réalisateur nous avait laissé, notre œuvre de la semaine propose plusieurs lectures et un twist final vraiment intéressant. La question du rêve y est également très importante et le spectateur doute (surtout à la fin), de la véracité de tout ce qu'il vient de voir et les différents troubles du personnage principal ne facilitent pas la tâche. Les distorsions couplées d'images subliminales en tout genre et de sons assourdissants font de Donnnie Darko un film difficile à conseiller aux personnes se sachant sensibles au niveau sensoriel. Mais en dehors de ses différents aspects qui peuvent pousser ou au contraire rendre réticents quant au visionnage de l'oeuvre, cette dernière est acclamée par la critique à sa sortie et un an plus tard par le public du monde entier, bien qu'il n'ait reçu aucune distinction officielle. Loin d'un film pompeux souhaitant se rendre complexe sans aucune justification, il apporte une vision nouvelle sur des sujets fascinants tout en se permettant de sympathiques clins d'oeil (à Back to the Future, entre autres).

   Donald Darko, surnommé Donnie Darko, est un jeune garçon vivant dans le Middlesex en Iowa. Brillant élève, il aime dessiner et écrire. Cependant il est un adolescent troublé, somnambule la nuit il se laisse guider par de mystérieuses voix. Un soir, alors qu'il est en pleine sortie, un lapin géant et effrayant prénommé Frank lui apparaît, prédisant la fin du monde dans exactement 28 jours, 6 heures, 42 minutes et 12 secondes. Au même moment, un réacteur d'avion vient s'écraser dans la chambre de notre personnage principal. Ce dernier n'étant pas dedans il échappe à une mort certaine. En classe, Donnie fera la rencontre de Gretchen, une élève qui vient d'arriver à l'école avec qui il commencera une relation amoureuse. A plusieurs reprises, le lapin fera son apparition au près de Donnie, lui ordonnant de faire certaines choses ou lui donnant des informations. La psychologue que ce denier consulte ne voit en Frank une hallucination liée à une schizophrénie mais Donnie est persuadé que non, que cette créature étrange vient d'un futur proche, qu'il a une mission pour lui et il commence alors à s'intéresser aux voyages dans le temps. 

 

   Si l'on doit remercier Richard Kelly c'est avant tout pour la fraicheur et le non cliché qu'apporte cette œuvre. Enfin on quitte le personnage névrosé qui n'a pas d'amis, qui n'est populaire au près de personne et qui se voit sauver par un amour intense et puissant. Donnie est certes amoureux, voir très amoureux de Gretchen mais c'est un garçon apprécié de ses camarades et de ses professeurs. Surdoué, il ne tombe pas dans la contemplation du monde et aime provoquer et remettre en question les théories. Il se sait fou et en joue, et cette tournure permet au spectateur de s'y attacher sans éprouver aucune compassion à son égard car ce dernier ne tombe jamais dans le pathos. Ici la maladie n'enfonce pas le personnage mais lui permet d'avancer, de comprendre ce qui l'entour et même de lui ouvrir des portes auxquelles il n'aurait pu accéder. Obsédé par le sexe il se lie avec quelqu'un et s'arme de patience, se sachant condamné il n'agit cependant pas pour son propre intérêt. Plusieurs thèmes sont ainsi abordés par le cinéaste d'une manière calme et réfléchie, on avance au fil du temps qu'il reste à Donnie avant la fin du monde sans précipitation. De l'importance est accordée à l'ensemble de ce qui l'entoure et ce film ne nous donne pas l'impression de simplement survoler les derniers jours d'un homme se sachant condamné et c'est cette notion de sacrifice, intellectuel et physique qui donne crédit à l'ensemble de l'oeuvre. 

La réalisation est elle aussi très pertinente, les hallucinations ou phénomènes étranges ne sont pas seulement montrés à l'écran par le biais d'effets spéciaux, mais grâce à de simples renversements de caméras et de plans à l'échelle improbable. Côté bande sonore les genres sont également variés, passant d'un Joy Division à un Tears for fears et inversement. Le système de construction narrative du film en fait un exemple parfait de la construction et de la déconstruction, tout est interchangeable mais les propos tenus et leur force restent intacts.